CHRONIQUE DU PROFESSEUR PORPHYRE

         Dans cette rubrique, de temps à autres, j’organiserai une rencontre avec un mot. J’espère que vous aurez à me lire vingt-six fois, que j’aie le temps de faire tout l’alphabet. 

         N'hésitez pas à inventer votre définition des mots que vous rencontrerez :

Gweilo

        Cette semaine, je vais vous parler d’un mot qu’on lit de plus en plus, un mot que vous avez peut-être eu sous les yeux il y a quelques secondes, qui commence par un G : Gweilo. 

 

        Pourquoi ne pas inventer une définition du mot gweilo (ici) ?

 

        Il faut dire qu’on nous a caché une partie de la réalité quant à la définition du mot. En effet, on peut lire dans ce journal que cela signifie diable blanc. Vous me connaissez, j’ai fait des recherches afin de découvrir si cette définition était exacte, et il semble qu'elle ne le soit pas tout à fait. En réalité Gweilo signifierait individu (佬 lo) fantôme (鬼 gwei). Certes, la couleur blanche est associée au fantôme et désigne l’étranger, l’occidental, mais en aucun cas le diable, et 佬, l'individu non plus. En revanche, c’est bien pour désigner les occidentaux du XIXème siècle venus faire du commerce à Hong Kong et dans le delta de la rivière des perles que ce terme a été créé. Là ou notre cher journal est encore dans le vrai, c’est que ce terme a perdu son sens péjoratif et désigne aujourd'hui les occidentaux de Hong Kong et de la région du Guangdong. 

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CALLIGRAMME

         Nous voilà donc à la troisième semaine, et qui dit troisième semaine dit troisième lettre de l’alphabet. J’ai donc choisi de nous faire rencontrer le mot calligramme.

 

         Écoutez-le, ne trouvez-vous pas que sa sonorité à quelque chose de sublime, de génial, de sibyllin et limpide ? que vous évoque-t-il ? Dites-le moi en envoyant votre définition (inventée) du mot calligramme : ici.

 

         Pour une fois, le dictionnaire nous suffit à comprendre ce mot, que vous connaissez certainement déjà, et voici ce que nous indique le Larousse : « Texte, le plus souvent poétique, dont les mots sont disposés de manière à représenter un objet qui constitue le thème du passage ou du poème. »

 

         Pour illustrer le mot calligramme, qui est un des exercices de style favoris des surréalistes, je vous propose donc un autre exercice de style fréquemment utilisé par les surréalistes : l’acrostiche :

Commençons donc avec la lettre A, par le mot abyssin. Lisez-le, relisez-le, laissez-vous imprégner par sa sonorité sans vous accrocher à son sens que, peut-être, vous ignorez encore.

        Avant de continuer, vous pouvez nous envoyer votre définition (inventée) du mot abyssin : ici. Les plus insolites seront publiées la semaine prochaine.

         C’est bon ? Si la curiosité vous amène à regarder le sens du mot abyssin dans un dictionnaire, vous y trouverez simplement « d’Abyssinie ». Si vous lisez cet article, voilà ce que je vous donne :​

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BARCAROLLE

        La semaine dernière, pour la lettre A, nous avions rencontré le mot abyssin. Cette semaine, pour la lettre B, je vous propose le mot barcarolle. Ce mot vient de l’italien barcarola.

 

        Avant de continuer, vous pouvez nous envoyer votre définition (inventée) du mot barcarolle : ici.

 

        Encore une fois, le dictionnaire n’est pas un bon informateur pour ce mot. Dans le Larousse, à barcarolle, on peut lire : « 1Chant, souvent improvisé, des gondolier vénitiens. 2Pièce vocale ou instrumentale évoquant le balancement d'une barque, très en vogue à l'époque romantique. ». 

 

        Si l’on pousse jusqu’au dictionnaire de la musique, on apprend que ce chant est souvent en 12/8 ou en 9/8. Ce qui, si l’on est pas musicien, n’a aucun intérêt, mais si l’on est pas musicien, à quoi bon lire un dictionnaire de la musique. Je vous propose donc cette illustration-calligramme.

DOUTE

        Cette semaine, je vous propose un mot très court mais probablement un des plus importants : doute. Je pense que vous savez tous ce qu’il signifie, cela sera donc encore plus amusant pour vous d’imaginer un nouveau sens à ce mot (ici).

 

        C’est ce qui parfois nous empêche de prendre une décision, mais aussi qui nous permet de réfléchir. Dès qu’il y a doute, il y a questionnement, remise en question. Ce n’est pas étonnant qu’une des premières choses qu’un régime totalitaire enlève aux Hommes c’est le doute. C’est lorsqu’on ne doute plus qu’il faut commencer à se poser des questions…

ÉPITAPHE

        Épitaphe, mot sublime pour un moment si triste. 

        Le mot épitaphe vient du grec épi : « sur » et taphos : « tombeau ». L’épitaphe, dans l’Antiquité, était un éloge funèbre. De nos jours, c’est le texte que l’on écrit sur la tombe de quelqu’un pour qui on a de l’admiration ou, au contraire, que l’on n'apprécie pas. 

        Sur la tombe du pianiste Glenn Gould par exemple, on peut lire les premières mesures des Variations Goldberg de J.S. Bach, et sur celle de Richelieu : 

Ci-gît un fameux Cardinal

Qui fit plus de mal que de bien

Le bien qu'il fit, il le fit mal

Le mal qu'il fit, il le fit bien.

        « Les mots sont une arme » disait Pierre Dac qui lutta avec eux contre le nazisme. Et c’est dans cette optique, et car j’ai connu la mort des autres trop jeune, que je vous propose cette épitaphe contre celle-là même à qui l’on doit toutes les autres épitaphes, la faucheuse des vies : la Mort.

FLAGORNEUR

        Cette semaine, je dois vous avouer que j’ai eu bien du mal à choisir un mot, car la lettre F me donnait l’embarras du choix en matière de mots originaux. Mais, après avoir longuement délibéré avec moi-même, j’ai l’honneur de vous présenter le mot de la semaine : Flagorneur. Pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est un mot de la même famille que flagornerie et flagorner. Ainsi, le flagorneur est celui qui flagorne, c’est-à-dire, celui qui fait des flagorneries. Comme chaque semaine, avant de vous en dire d’avantage, je vous invite à réfléchir sur ce mot afin d’en inventer une définition (en cliquant ici).

 

        Je viens de vous le dire, un flagorneur est quelqu’un qui flagorne, c’est-à-dire, quelqu’un qui fait des flagorneries. Mais, qu’est-ce qu’une flagornerie ? Une flagornerie, c’est, en plus d’un mot très intéressant même quand on ne connait pas son sens, une flatterie basse et intéressée. On devine ainsi le sens de flagorner : faire une flatterie basse et intéressée et donc celui de notre mot de départ : un flatteur qui flatte bassement et de manière intéressée. À l’avenir, vous ne direz donc plus « Quel lèche botte ! » ou toute autre locution comparable, mais « Quel flagorneur ! ».

 

        Pour bien terminer cette chronique, je vous propose une petite fable-acrostiche, à la semaine prochaine.

 

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