Un Drôle d'Orage Bulgare

November 15, 2017

 

Après une demi-heure dans le tumulte brulant de Sofia, je me réfugie dans le recoin abrité d’une allée sombre… Il pleut déjà pas mal. Un drôle d’Orage Bulgare en préparation.

Deux jeunes femmes à la belle silhouette m’approchent. Ce sont les princesses du village, Lea le Koala et Jeanne the Garbage Can. “C’est une expérience folklorique, une symbiose de personnes pleines d'amitié, pleines de danses, un échappatoire” s’exclament-elles.

 

Un autre jeune homme, Gaspard du Placard, bousculant toutes personnes sur son chemin, une mission en tête lâche un  “plutôt cool.” Il souhaite se soulager, “ou sont les toilettes?” Il ne marche pas droit. Edgar le Lézard, maladroit, explique que, dans cette marée humaine, ou s'entremêlent sueur et fumée (et Maximilien le Pingouin et Lorenzo le Chameau qui se battent mais ça on en parle pas trop), “on est bien.” Je prends un moment pour permettre à mon esprit de s’imprégner de l'originalité d’expression de cet individu.

Gaetane la Chamane, jeune artiste, prétend être atteinte du, “feu de Dieu,” et m’enseigne les phrases les plus sacrées de son rare dialecte, “oklm” et même “c’est la zeuba des zeubas.”

Apparaît soudain Paul le Bol, gérant du marché dont viennent tous mes enthousiastes témoins. Ecstatique, il me parle de fête, et d’amour, un amour particulier, un amour en escalier. En effet il dit être “saucé” mais modère son propos d’un “C’etait fanné, j'étais пиян à la mort” empreint de regret… Je salue chaleureusement ce parrain, ce mentor qui, avant de me quitter, me rappelle “qu’il est tout sauf un prophète.”

Deux soeurs siamoises Mai Anh L’Ane et Céleste la Veste, à l’aspect exotique,  zigzaggant et racontant d'hilarantes anecdotes, m’abordent. Mai Anh explique être “archi пиян, d'être пиян sa майка.” Céleste parle une langue étrangère, sophistiquée, “Narvalo, il m’a fait un bisous, un calin, c’est les dix-huit ans de mon frère, euh wow sa майка. C’est le zbeul. Bananananana wow.” Je ne la suis plus trop.

Les jeunes filles à peines disparues, voilà que surgit devant moi Edward le Cafard, la joie de vivre incarnée. Je tente de le faire parler de cette journée d’Orage mais n’obtient qu’un laconique “j’ai envie de mourir.” Sur ces paroles d'allégresse, il tourne les talons et s’enfonce entre les étals.

Léo le Bateau, vieillard à la diction peu claire tente de donner son opinion face aux événements de la journée, “c’est trop bien y’a de алкохол à volonté, y’a une table de fruits, y’a une musique sympa, y’a des gens ils sont sympa, j'suis пиян, tout le monde a mit une chemise.”

Poussant doucement la foule trop compacte pour sa stature de petite fée, Héloïse la Cerise sautille et me glisse à l’oreille “Ça fait une heure que je suis là et, comme dirait l’autre, je m’ambiance trop !” Je lui demande de me parler de sa meilleure amie, hybride à pois blanc que j'aperçois sous les auvents du marché. Avec l’enthousiasme qui lui est propre elle s’exclame “Agness, Agnesss sexy tonight Agnes, malgré cette dépression climatique, Phillipe, cette dépression.” J’ai beau ne pas m'appeler Philippe, je hoche la tête. Mieux vaut ne pas la contrarier.

 

Un triplet de jeune femmes distinguées, Auréline la Maligne, Inès la Comtesse et Chloé la Télé, me frôlent en passant. Leurs expressions se mêlent les unes aux autres et je n’ai que le temps de marquer trois mots: “kewl”; “ouf” et “soulagée.”

Amel la Donzelle, à l'apparence noisette, s’exclame face à la foule. “C’est chaud, je me sens électrique, là y’a de la vraie musique.”

 

Un vendeur tout joyeux de basilique, vous l’avez bien deviné, Basile la Presqu'île, s'écrie que, “c’est trop bien!”

 

Victor le Castor, un géant, surgit de la pénombre avec un mot aux lèvres, “TUCKED.” On lui demande donc ce qu’il aime le plus dans les orages: “on peut s'éclater entre bulgares.”

 

On aperçoit Alexandre la Salamandre suivant son ami monosourcilien, Thibault le Râteau, rampant des toilettes à la place du marché. Il se plaint; “j’ai envie mais mon corps veut pas.”

 

Sasha mon Chat, mystérieux, s’amuse à mordre mes appareils d’enregistrement. Il repart. Il revient.  Et dans une langue étrangère, “I want to blackout. Insane bruv. Je ne dors pas chez Zoé Ma Tasse de Thé c’est dommage, je passe un super Orage mais 350 l'entrée au marché ca fait mal au derrière. Ça vaut quand même le coup,” précise-t-il.

 

Zoé Ma Tasse de Thé surgit, “Mais bonsoir.” Elle au moins dit bonsoir. Elle me fait ensuite une petite confidence, “J’ai un peu le seum parce que je ne vais pas d’avoir d’enfants ce soir car CENSORED. Y’a pleins de boissons colorées et j’ai joué à un jeu très chouette, le portrait. Par ailleurs, j’aimerai bien *parler* d’amour dans l’escalier je ne te le cache pas.”

 

Sa chemise noire distinctive sur le dos et une sourire narquois aux lèvres, l’altier Gregouille la Fripouille sort de derrière son comptoir d'épices Honduriennes pour me glisser, en toute confidence :"Bon secret professionnel hein mais Micheldrucker... c’est un ami a moi" et sur ce, regagne sa cachette à l’abris du tumulte du marché.

 

Un personnage atypique, préfèrant rester anonyme dans son commentaire récapitulant sa soirée, panique, “I BURNT A WOMAN’S CROTCH!”

 

C’est à ce moment qu’un homme du village que je ne connais pas s'approche de moi et me demande en patois : “What groove are into you at ?” Je tente de lui répondre dans ma maîtrise approximative de sa langue mais il disparaît vite, trop vite. Je reste interloqué devant la brièveté de notre échange et m'apprête à le poursuivre quand Alix le Phénix m’attrape par l'épaule pour me rappeller que ”алкохол tue mais j’aime ça. Je pourrai faire des comptes mais tu vois j’ai pas tout compris et j’aime pas ca. Enfin bon, c’est la famille.”

 

Elle s'éloigne et je souris. Je quitte enfin mon abri pour rejoindre le marché, bousculé par les autochtones qui vont et viennent dans ce qui restera en mon esprit, un bien bel Orage Bulgare.


 

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