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Nique ta mère: De la violence planétaire à la violence langagière

November 19, 2017

Special thanks au Bel et Bien.

 

Je viens d’écrire le titre de cet article, la page vierge se remplit doucement de mots: je tente de meubler parce que cette insulte,cette horreur d’expression m’emplit de malaise. Vous aussi? Très certainement.

Et pourtant cette injure, comme toute la panoplie qui va avec sans que j’ai besoin de la nommer, est devenue notre réalité. Alors vous vous en doutez, je m’insurge, je m’inquiète et me pose des questions.

Aujourd’hui, une seule incertitude résonne dans ma petite tête affolée: Aurait-on perdu la raison?

Observations, explications.

Dans les années 90, Joey Starr et Kool Shen les breakdancers,les rapkingz du 93 créent NTM et deviennent l’image du rap francais. NTM ça claque, ça tape, ça fait aussi mal qu’une droite dans le nez. Ça veut attirer le regard des autorités sur les gamins des banlieues excédés, délaissés, qui tournent en rond toute la sainte journée. C’est un constat d’urgence.

NTM maintenant c’est ce que t’écris à ton pote sur un texto rédigé à la va vite, ça va avec les FDP et autres violences abrégées: En trois lettres, au fond ça n’a pas de sens, ça ne peut pas blesser n’est-ce pas?

A l’oral c’est autre chose, c’est moins direct, plus général déjà. Contre le monde, la société des “allez-vous faire foutre” aux “bande d’enculés”. Il parait que c’est affectueux, pour certain c’est un jeu.

Mais ce que j’aimerais savoir c’est comment l’on a bien pu faire pour se retrouver dans un monde où, en plus de la normalisation des attentats à répétitions, des bombes que l’on menace de s’envoyer sur la figure, on a décidé de communiquer comme des êtres primitifs qui constamment seraient sur leurs gardes, dans l’attente du signal d’attaque.

Peut-être me dira-t-on que c’est générationnel, qu’on est jeune et que je suis gênée par une question de niveau de langue changeant, par l’argot que nous autres ados affectionnons tant, créeons continuellement. Mais je ne vous cacherai pas que je trouve à l’argo, s’il est usé dans un contexte bon enfant, un charme un peu canaille qui me plait outrageusement.

Ce n’est donc pas le langage à proprement parler que je souhaite remettre en question mais la violence qui semble, presque à notre insu, s’y installer.

Je ne sais pas de quoi l’on souhaite se protéger en installant entre les autres et nous même une violence désabusée. Tout ce que je sais c’est que l’on se heurte aussi sûrement qu’à coups de pieds dans l’estomac. Peut-être moins vite, de manière moins apparente, mais le résultat est le même: tristesse, distance et haine.

J’ai compris il y a un petit moment déjà que nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, et tant mieux, bousculons nous un peu.

Nul besoin pour cela de s’affubler de noms d’animaux, de se frapper à coups de méchants mots.

 

Peut-être suis-je idéaliste ou inconsciente mais je tirerai cette semaine ma révérence sur des baisers envoyés du bouts des doigts, en espérant que cela vous atteindra.
 

 C. Zoé Manset, le BG c'est Tom Soffer 




 

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