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Je suis désolée, la princesse que vous essayez de contacter n’est plus attribuée

December 3, 2017

 

 

Nous vivons dans une ville où il est compliqué de rater l’arrivée de Noël. Il est même compliqué de rater l’arrivée du début de l’ourlet de la cheville de Noël étant donné que les guirlandes lumineuses et autres “Merry Christmas!” emberlificotés de falbalas, surgissent à minuit tapante le 1er Novembre.  Il se trouve, par une coïncidence qui s’explique avec une grande originalité, par une éducation catholique dans un pays occidentalisé, que je suis diablement férue du folklore de Noël, principalement de ses contes et de toutes les histoires à dormir debout qu’on raconte sans vergogne à des enfants ébahis.

Cet environnement empreint du merveilleux des contes trops beaux pour etre faux, ainsi que la légère fraicheur qui s’immisce  délicieusement dans nos pelisses, m’a donc renvoyé à mes premières amours : les histoires à paillettes des princesses en robe longue.

C’est en me saisissant d’un des nombreux livres de contes qui ornent les étagères de ma bibliothèque (ne va pas t’imaginer des boiseries et des échelles qui te permettent d’acceder aux rayonnages poussiereux, en vrai c’est un placard avec des livres) que je me suis rappelé d’une anecdote qui, il y a quelques années, m’avait plongé dans un sacré spleen.

J’avais été embauchée en tant que petite jeune fille créative en collants noirs, pour superviser une réunion anniversairielle de princesses en devenir, gambadant toutes dans leurs robes de tulles avec l’insouciance qu’on a à 6 ans. J’avais entendu dire que le chantage marchait très bien dans l’éducation, et je m’en servais donc allégrement, jusqu’a ce qu’une petite Jasmine en pantalon bouffant vienne me voir pour me réclamer un secret sans lequel elle refusait catégoriquement d’arrêter de dessiner sur les murs. Sautant sur l’occasion, je fonçais tête baissée et, au moment où j’allais lui révéler un vrai secret bien stylé, mon inconscient pris le dessus et lâcha un:” Je ne suis pas une vraie princesse”.

La dessus, elle m’a regardé. Je l’ai regardé. En gros, on s’est regardé et nos lèvres se sont mises à trembler.

 Je ne vais pas vous cacher que le “Oh putain” que j’ai intérieurement hurlé n’avais rien de princier.

Mais, par tous les druides de Brocéliande, quand avais-je arrêté d’être une princesse ?

 Toi qui lis ces lignes, tu te demandes surement ce que j’ai fûmé, mais dis-moi, ça ne te sidère pas toi qu’on ne puisse plus, entre les inscriptions à l’université, les peines de nos pauvres coeurs passionés et autres réalisation que la vie n’est pas un long fleuve tranquil, compter sur les paillettes, les baguettes et la certitude que notre bonne marraine fée veille sur nous?

Je n’ai rien d’une idéaliste et c’est d’ailleurs pour ça que cette histoire de réalité pure et dure m’exaspère. Je sais bien que les voitures explosent, que les gens tombent du 19ième, que les coeurs se brisent et que les destins se délient. Mais je sais aussi que les fées bienveillantes, les sirènes et autres nymphes ou gnomes des contrées reculées existent: mes meilleures amis en sont chacuns.Ils n’ont pas d’ailes, et pas de paillettes sur le visage à moins de se rendre en festival et ils ne volent pas.

Mais ils me donnent de l’espoir, Ils me donnent envie d’aller m’éclater quoi que je fasse de ma vie, de me motiver même si voir des gens, étudier et parler ne me chantent pas plus que ça.

Je sais qu’il existe des endroits tellement rose quand le soleil se couche que l’on pleure d’hystérie, de tres vieilles histoires qui continuent de nous faire rêver, des chansons qui nous font complétement délirer. Voir tout cela, l’intégrer, et espérer que bien que l’on souffre présentement du gris du ciel, on se prenne bientôt une pluie de paillettes sur le nez, c’est croire aux princesses et aux fées.

On galere bien assez sans qu’on nous retire en plus le merveilleux dont on a besoin, tu ne crois pas ?

Alors n’hésite pas à m’apeller, la princesse que tu cherchais à contacter a été réattribuée.

 

 

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