Contact

Follow

  • Instagram Social Icon

©2017 by GWEILO. Proudly created by Zoé Manset, Edouard Chardot, Céleste Judet, Logan de Raspide Ross, Sidney Jones.

Tu seras un homme, mon fils

December 11, 2017

A mon papillon qui, s’il n’est pas encore un homme grand, a tout d’un grand homme.

 

Je devais cette semaine me saisir de ma plume teintée d’encre rose, celle qui me fait écrire en anglais.

Je devais me poser des questions sur un sujet universel, sur un sujet social ou artistique, qui se serait glissé comfortablement dans les méandres de la langue de Shakespeare. Mais cette semaine, je me suis réveillée un mercredi matin, me suis saisie du cellulaire qui fait office pour moi de journal quotidien, et me suis recroquevillée dans mes draps de lin blanc en voyant que la nuit noire, cette amie de la faucheuse, nous avait arraché Jean d’Ormesson et Johnny Halliday.

Alors, aujourd’hui, je trempe une mine aiguisée dans l’encre vermillon de la mère patrie, aujourd’hui je sais d’où je viens et qui je veux chanter.

On a du mal à comprendre ce qui fait qu’un homme qui, comme chacun d’entre nous, à un jour grâce a l’on ne sait quel Dieu, fait son apparition sur la terre, a apprit à parler, à marcher, a grandit et s’est épanouit, laisse derrière lui au moment de quitter notre monde, une foule éperdue de disciples.

Et pourtant… l’injustice chronique qui fait que certaines fées décident d’accorder leurs dons aux uns plutôt qu’aux autres, pourrait bien se prendre nos blâmes dans la tronche et la question irritante de savoir ce qui fait un grand homme, en serait pliée.

Cependant, quelque chose me dit qu’une plume particulièrement fournie et une voix au coffre comme on en fait plus que chez Renault, ne suffisent pas à faire pleurer les foules.

Penchons-nous sur ces cas d’école, voulez-vous?

D’un côté nous sourit chaleureusement un “homme de France”, une voix enrouée dont les brisures et l’inégalable espièglerie de ton nous renvoient à une image particulière, presque mélancolique, comme passée, de ce que fut un jour notre pays. Cet homme là savait comme nul autre communiquer, et ce avec une élégance qu’on aurait cru disparue, les concepts les plus douloureux pour les faire se mêler gentiemment à l’inarrêtable train de la vie.

D’un autre, c’est un rocker, celui qu’on a nommé “l’Elvis Presley” francais qui nous fait signe, la main triomphalement levée comme pour rappeler que le Roi des spotlights, c’est lui. C’est cette vieille canaille au sourire en coin, aux blousons de cuirs fatigués, dont la sempiternelle gitane allumée ne se substituait que sur scène, par le micro dont il avait fait sa deuxième main.

Et en face, dans la rue, sur les réseaux sociaux, et jusqu’à l’esplanade anonyme d’un club de tennis Hong Kongais ce sont des gens, des jeunes, des vieux qui gesticulent et s’interpellent, pris par leurs hommages à deux êtres qu’ils n’ont jamais rencontré.

Le rapport entre ces deux êtres, qui a priori et après etude concrète n’ont absolument rien à voir,est fait de ces mêmes gens que l’on voit s’écrier que “les meilleurs partent trop tôt” et que “ Quand même, ça va faire un sacré vide “.

Mais alors, quoi?

Alors, c’est le rire. Ce sont des phrases chargées d’esprit ou des vannes rebelles qui nous ravissent et nous font revenir, re-chanter, relire.

Alors, c’est l’attitude. Une démarche mesurée ou chaloupée, un style vestimentaire etoffé qu’il soit composé de cravates tricots ou de blousons zippé.

Alors, c’est une idée. Une image dont nous autres petits français avons besoin, des aspects de notre pays aux milles facettes, taillé comme un diamant dans la pierre brut de l’histoire.

Alors, c’est un tout. C’est accepter de faire don du talent que l’on a reçut, tout en gardant en tête que l’on a beau être acclamé, on est que ça : un homme.

Des grands hommes et des grandes femmes, on en connait des milles et des cents, et tous, tous sans exception représentent pour nous un peu plus que leur métier, que les découvertes ou les doctrines qui ont fait d’eux des étoiles.

Ils sont le sourire, la fougue, la verve, l’engagement, l’humilité. Ils sont nous.

Etre grand, ce n’est pas qu’une question de dons, Dieu merci.

C’est avant tout savoir si nos épaules sont prêtes à recevoir la chappe de plomb d’une image qui, lorsqu’elle est attribuée, ferait mieux d’être embrassée par son propriétaire parce que l’Humain et la mode ont fait que s’en défaire est bien compliqué.

 

Être grand, c’est parfois aussi savoir se faire tout petit, et accepter de tirer sa révérence, ce que nos deux grands J ont fait avec une exquise élégance.

 

 

 

 

 

Please reload

Recent Posts

November 18, 2019

April 16, 2019

March 11, 2019

Please reload

Archive

Please reload

Tags

Please reload