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Breaking News : Nuit honnie, Nuit chérie, tu n’es pas qu’une sombre ennemie.

February 5, 2018

Samedi, Dimanche plutôt, 1h15 du matin, on est déjà demain.

La semelle de mes bottines dorées, couleur réverbères, ces étoiles du nord moderne, retentit régulièrement.

Clic, clac, chemine Zouzou, chemine.

Je suis seule, il fait froid et la pente que je dévale allègrement n’est qu’éclairée par intermittence, quand je passe devant les cages d’escaliers aux néons jaunes. Elles sont belles ces fenêtres de lumières, autre part, elles seraient glauquissimes. J’ai en mains tous les éléments pour que mes dents claquent de peur, pour que je serre dans mes mains froides des clés, ou n’importe quel objet qui me donnerait l’illusion que je peux me défendre contre les monstres tapis dans l’ombre.

Mais le seul claquement que j’entends est celui de mes pas et ma seule peur, celle de me casser la figure sans grâce aucune. J’ai de la chance.

Clic, clac, chemine Zouzou, chemine.

J’ai encore la tête pleine de fête, de ballons, de musique et de paillettes. J’ai beaucoup dansé, beaucoup ri, beaucoup parlé. J’ai fait ce que l’on attribue à la nuit: la bringue, la fiesta quoi.

C’est en sortant de cet espace un peu exclu du monde réel, celui que l’on réserve à nos fêtes endiablées, que j’ai vues qu’il faisait nuit. Ça m’a frappé d’un coup:

Pourquoi donc chante-t-on sans cesse le soleil et les jours industrieux quand la nuit et ses mille cachettes d’ombre l’accompagnent chaque jour ?

Tentez de me suivre : quand je dis nuit, je ne parle pas de cet espace que l’on considère dédié uniquement à ces trois choses que sont le sommeil, la fête ou le crime et la peur de ce dernier. C’était la nuit noire, un peu éclairée, la vraie nuit où les gens oeuvrent pour que le monde diurne continue de tourner.

Une douce nuit, silencieuse, même près des cahots de cette voiture qui fonce bien vite, trop vite en me frôlant. Douce surtout, devant ces deux Messieurs dans leur grand camion blanc qui, à pas feutrés, s’en vont ramasser les rebuts dont les gens ne veulent plus. Complice, cette nuit, dans le sourire de l’inconnu qui me croise et dont le claquement des chaussures se mêle un instant au mien.

Clic, clac, chemine Zouzou, chemine.

Nuit calme, nuit industrieuse tout de même, me disent les devantures des restaurants, des boulangeries où s’affairent les gens qui feront que, demain, l’on vit.

Nuit illuminée aussi, pas par les étoiles qui sur mon île ne percent pas les nuages, mais par les lanternes, les réverbères ou les phares. Par les quelques fenêtres qui révèlent les rêveurs éveillés, les travailleurs assidus ou les artistes inspirés.

Je descends toujours, repensant à cette copine qui me disait, extatique : “Tu sais la lune, la lune, je l’aime la lune. Ça a l’air toute bête comme ça, mais ce n'est pas dingue cet astre qui t’éclaire dans le noir profond ? Elle ne te laisse jamais seule tu sais.”

Je lève la tête, la lune est là, silencieuse elle aussi.

La nuit est calme, pleine de possibilités, la preuve : je marche seule dans ses bras accueillants et je ne fais que penser, des projets germent, j’ai plein d’espoir.

Le feu de la nuit, ses fêtes ou ses attaques de ruelles mal éclairées, peuvent fatiguer, terroriser. Mais son calme, son silence qui semble nous pousser à ouvrir grand les yeux, sont sa vraie force. La nuit, me dis-je sous le clic-clac de mes talons, si tant est qu’on ait la chance de se promener en sécurité, nous pousse à nous émerveiller. C’est le début de tout, le moment des possibles.

Le vent est froid, je ne m’en plains pas, je suis bien.

Je marche et essaye de tout intégrer, le calme galvanisant de cette nuit me donne envie de me surpasser.

Une femme sort en sautillant d’un immeuble bas. Elle me sourit, elle aussi a compris. Copines de nuit.

Clic, clac, chemine Zouzou, chemine.

Les milliers de personnes qui ne dorment pas, qui rêvent ou travaillent dans cette nuit bénie le savent aussi, elle n’est pas notre ennemie.

Si on ne la chante pas assez, c’est que ses ombres la font passer incognito, ou peut-être la sépare-t-on dans notre esprit de ce jour si plein d’énergie, de buts et de dates à respecter.

Peut-être oublie-t-on qu’elle nous aide à préparer, à espérer, à nous émerveiller.

Clic, clac, cheminons mes amis, cheminons. La nuit nous attend.

 

 

 

 

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