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Désolée Chérie, le Bad Boy est un pastiche

March 5, 2018

Quand ma merveilleuse grand-mère avait une douzaine d’années, elle eut, pour la première et dernière fois de sa vie, la belle inspiration de copier sur sa voisine de pupitre pendant une dictée. Je ne sais pas si ce qui l’a le plus refroidi par la suite est la façon dont son père a solenellement déchiré son cahier ou le fait qu’il ne lui ait pas adressé la parole pendant plusieurs semaines, mais toujours est-il que le principe moral de non-plagiat et d’honnêteté est, depuis lors, assez ancré dans mon héritage génétique.

Alors vous imaginez bien qu’en découvrant d’une des plus grandes impostures de tous les temps, qui porte de plus sur l’une des quelques figures historiques que j’adule, je n’allais pas rester coite.

Comme toute jeune fille milleniale-et-libérée qui se respecte, je prétends hautement ne pas être spécialement attirée par les rockers et autres bad boys tatoués, clope au bec et démarche faussement chaloupée. Non, se détruire les poumons pour se donner un style et arborer à même la peau ses convictions, sont une ineptie.  Seulement, encore une fois comme pas mal des nanas de la catégorie susmentionnée j’attends aussi sagement que secrétement le blouson de cuir noir fleurant bon le tabac caffeiné qui viendra m’enlever à ma vie de jeune fille en fleur, sur sa bécanne pétaradante.

Le lecteur avertit se demandera probablement où je veux en venir avec ce récit fascinant, accroche-toi bien à ton écran, j’y arrive.

C’est en pensant une fois de plus à l’image nonchalante du bad boy typique que je me suis (enfin) demandé pourquoi tant d’entres nous, pourtant loin d’être sots ou naïfs, se laissaient entrainer par des mecs dont le look et la voix rauque ne sont bien souvent qu’une façade cachant un vide abyssal qu’il soit intelectuel, moral ou que sais-je encore. C’est tout de même un peu fort de café que tant de monde, aussi jeune et impressionable soit-il, tombe dans ce même panneau de pseudo-coolitude suprême, non ?

C’est alors que m’est venue ce souvenir d’inspiration freudienne tout droit sortie de mon oreille gauche, celle qui écoute attentivement en cours de Philo’ : ce que nous éprouvons depend souvent d’un souvenir ou d’un événement vécu par le passé, d’une inclinaison particulière pour une chose ou une personne.

Si l’on suit cette théorie, l’attirance pour le cool du bad boy émanerait de cela même. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’émerge de ma cervelle romanesque la  figure originelle chez qui les mots “cool” et “flamboyant” s’ajoutent à ceux que sont “aventures”,”courage” et “combat d’épées stylés”.

Comment n’avais-je pas pensé plus tôt à mon premier amour, les Pirates et leurs bandanas colorés, leurs chemises de flanelle, leurs bagues aux doigts, leur rum et leur épée bien aiguisée ?

Le Pirate avec un grand P, se différenciait des autres silloneurs des mers par son style vestimentaire : c’est d’ailleurs bien souvent comme cela que jadis, les officiers de la Marine et autres chasseurs de flibustiers les reconnaissaient. Un marin ayant viré pirate quittait l’uniforme terne du matelot pour embrasser,avec le danger et l’illégalité, une fantaisie bien nécéssaire.

La démarche insouciante du bad boy de tes rêves, qui, chez le pirate, cachait une ceinture débordante de pistolets et de poignards, vient de là. Quand on brave la mort tous les jours, que l’on abandonne des principes moraux et un comfort rassurant, on a bien le droit à un peu de coquetterie.

Le grand Calico Jack, Pirate renommé du XVII ième siècle s’il en est, était l’illustration même de ce principe d’attitude et de style, tant et si bien qu’il a fini par prendre comme surnom un tissu coloré de l’époque, le calico.

Cet attrait particulier pour les broderies d’or et autres tissus chamarés ne l’a pas empéché de mener autour des iles des Caraïbes et de l’Afrique, un des équipages les plus mythiques de l’histoire de la piraterie, de finir riche mais pendu, et, par la même occasion, de me faire pleurer sur bien des romans.

            La découverte du plagiat, inconscient mais réel, des bad boys sur mes amours de pirates,m’a grandement rassuré sur la sanité d’esprit de mes comparses et de moi-même, qui somme toute, ne cherchons que le frisson d’aventure romanesque qu’un certain style garantissait autrefois.

Eh oui, désolée Chérie, le Bad Boy n’est qu’un pastiche.

Cependant, je décide de ne pas désespérer et suis certaine que l’authentique et courageux souffle d’aventure qu’il faut à chacun apparaîtra, en blouson de cuir… ou pas.

 

 

 

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