Professeur Porphyre : Quolibet

March 5, 2018

        Aujourd’hui, sans vous mentir, je vais vous parler de n’importe quoi. Oui, en effet,  et je suis très sérieux, le mot qui lie la scolastique, la musique classique, les DJs et la cour de récréation, c’est n’importe lequel. Voilà pourquoi je vais vous parler du mot Quolibet.

 

        Quolibet arrive presque intact du latin quilibet, signifiant n’importe lequel, celui que l’on voudra, dont il est l’ablatif neutre. Quod libet signifie littéralement ce qui plaît. Le sens le plus connu du mot quolibet est celui que j’ai associé à la cour de récréation. Je ne vous ennuierai donc pas longtemps sur sa signification : une plaisanterie ou un mauvais de jeu de mot à l’adresse de quelqu’un.

 

        En scolastique, qui était l’enseignement philosophique et théologique donné au Moyen Âge en Europe, on trouvait disputationes de quolibet : des discutions ou dissertations au sujet de ce que l’on veut, par opposition aux disputationes ordinariae, qui portaient sur ce qui était étudié. 

 

        En musique, le terme quolibet, qui a toujours la même étymologie, et que l’on trouve également sous la forme quodlibet, désigne une pièce musicale mêlant plusieurs mélodies populaires de manière amusante. L’exemple le plus connu étant un quolibet de J. S. Bach, trentième variation des variations Goldberg. On peut considérer le quolibet musical de l’époque baroque comme un Mash-up. Si l’on reste dans cette comparaison moderne, on peut dire que Bach et sa famille étaient alors les plus grands DJs du moment. Il faut imaginer la famille Bach, les oncles, les tantes, les cousins, réunis le dimanche dans la maison de famille, improvisant des quolibets sur des airs populaires, ou en vogue à l’époque, chacun chantant des bouts de mélodies. La magie arrivait : les mélodies se croisaient, se chevauchaient, l’une passant sur l’autre, l’autre disparaissant, puis resurgissant à nouveau. Ce n’était plus chaque voix qui était intéressante, mais l’ensemble des mélodies que chacun chantait dans lequel on pouvait entendre pour, notre plus grand amusement, des airs alors célèbres en Allemagne. C’est ce que fait le DJ qui selon wikipedia « combine avec talent des œuvres mineures. Il se réapproprie alors le travail d'autres musiciens, exploitant un matériau sonore qu'il n'a pas lui-même créé. Cependant, le juste mélange des musiques diffusées, leur arrangement en live demandent une certaine créativité, et peut donc être considéré comme un art. » Si l’on veut le Bach et sa famille faisaient des mix, ou les DJs font des quolibets. Comme il vous plaira…

 

 

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