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Couvre-toi la tête, je te dirais qui tu es

March 19, 2018

Toi qui as cliqué sur le titre de cet article dans l’espoir de recevoir une séance de découverte personnelle, je suis désolée de t’apprendre que malgré les quolibets que certains camarades lancent à mes jupes longues et mes foulards de soie, je ne suis pas Madame Irma. Cependant, si c’est l’incomparable allure chapeautée du Commissaire Andriani qui t’a fait appuyer frénétiquement  sur ta souris, tu es bien tombé : J’ai dans mon cabas vert plus d’un bibelot insolite et il se trouve que l’un d’entre eux est un grand couvre-chef de feutre brun.

Il est bien rare de nos jours, de voir de jeunes gens dévaler les rues couverts de Panamas et autres Canotiers en pailles, et pourtant, l’impulsion originelle dictant la nécessité morale, religieuse, climatique ou purement stylistique de se couvrir la tête, n’a pas changé.

L’idée de la tête couverte peut assez ironiquement être un symbole de modestie, comme chez les femmes ( et dans certains cas les hommes) qui se couvrent les cheveux dans un geste de protection de l’intimité et de respect religieux, tout comme un symbole de faste et d’élégance. Tout le long du XVIIème, XVIIème et XVIIIème siècle, les couvre-chefs arborés dans les cours Européennes étaient symboles de richesse, de luxueuse élégance frôlant pourtant parfois le mauvais goût et même de coquetterie, dont la signification va à l’encontre de la modestie. En effet, de la perruque masculine censée dissimuler une honteuse calvitie naissante, aux coiffures féminines à la hauteur extraordinaire parsemées d’objets tels que des fleurs, des fruits ou même des maquettes de bateaux, la tête était la cible de prédilection pour les riches élégants.

Tous les prétextes apparaissent donc légitimes quand il s’agit de se parer la tête d’atours variés, comme le prouve l’infinité de types de chapeaux et autres shesh et diadèmes.

Toujours est-il que, si l’on sort des sociétés où la tradition religieuse joue un rôle prépondérant et où la coutume du port de couvre-chef est devenue la norme mêmes chez les athées (comme il est possible de voir en Inde, où la plupart des femmes qu’elles soient Hindou, Bouddhistes, Musulmanes ou Chrétiennes portent des foulards colorés afin de dissimuler leur chevelure) il devient rare de croiser des foules revêtues de chapeaux.

Désormais, les foulards portés en bandana autour de la tête représenteront pour beaucoup un flashback aux années 60, les chapeaux de feutre à l’instar de celui du Commissaire Andriani, renverront plutôt à l’ensemble de la mode masculine des années 30 à 70, et les casquettes de coton seront vues comme des rappels de la mode hip-hop (et serviront accessoirement à cacher des bouclettes mal venues en cas de pénurie de gel). Pleins d’éléments souvenirs à porter sur sa caboche bien remplie n’est-ce-pas ?

Mais alors pourquoi la tête ? Pourquoi la tête et pas les poignets, et pas les orteils ou le nombril? Eh bien peut-être parce que la tête est le point d’ancrage de notre être. S’il est vrai que l’on peut tout aussi bien porter bijoux et tatouages sur l’ensemble de notre corps, on aura établit plus haut que le chapeau, la parure de tête est un symbole universel, qui sert à communiquer une palettes d’émotions et de messages qui dépendent tout aussi bien de notre culture, de notre profession ou de notre humeur. La tête, le visage, c’est le sacré, c’est ce à quoi il est presque inhumain d’attenter. Chez tout être humain normalement constitué la tête est le point d’altitude ultime de notre être, dans tous les sens du terme, et c’est donc la dessus que se reposent éternellement les gens pour communiquer à peu près n’importe quoi. Le Népalais et son chapeau plat sera reconnu de loin, la couleur ou la forme un peu différente de ce même chapeau permettent d’un seul coup d’oeil d’établir à peu près qui il est, d’où il vient…. En un mot : Son identité.

C’est exemple vaut autant pour le gangster dont le bandana témoigne de l’appartenance à un clan précis et pour qui ce morceau de tissus pourra faire office d’arrêt de mort. Dans tous les cas, la tête désigne et guide notre personne en construisant son identité. Ce que l’on choisit de mettre dessus fera foi de premier rempart, de tout premier signe à la personne que nous sommes puisqu’il sera associé à cet élément central qu’est la tête.

Quoi de plus logique donc que modestie, coquetterie ou quelle que soit la valeur à laquelle nous accordons le plus d’importance, se trouve exhibées sur cette caboche cabossée ?

Quoi qu’il arrive, il y aura, selon mon petit doigt qui a pour habitude d’être bien renseigné, aussi longtemps que vivront les hommes, des chapeaux en toutes contrées. Peut-être, comme dans le courant occidental actuel, ne seront-ils pas toujours au premier plan, les cheveux dans le vent c’est un message de liberté qui ne manque pas de charme. Cependant, le besoin des hommes de s’annoncer avant d’entrer complétement dans votre vie est tel, qu’ils ne seront jamais bien loin.

Couvre-toi donc la tête, ou laisse tes cheveux flotter, ce n’est après tout qu’un bel indice à ta complexité…

 

 

 

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