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Le Fauve et Elle

Il prit une dernière taffe avant de la balancer, ferma le dernier bouton de sa chemise et plongea dans la mer depuis le ponton. Il n’était pas remonté, il y était trop bien. Enfin il pouvait se retrouver seul, et oublier. Il ne lui restait maintenant plus que quelques minuscules secondes avant de manquer d’air et de s’échapper à jamais de ce monde. Minuscules secondes, pourtant si longues, durant lesquelles ses yeux étaient restés bloqués sur le sourire qu’Elle portait merveilleusement bien, et qui ne faisait qu’augmenter sa libido en lui.

 

Un effet en fondue annonce le bleu, puis le noir et la profondeur parfaite infinie d’une longue et belle sieste qu’est la fin d’une vie. Un asiatique avait retrouvé son corps sur la plage lors de sa promenade matinale, le légiste avait sourit en voyant la gueule bien abimée qu’avaient ses poumons. Il avait comme seuls effets personnels un paquet de tabac vide, un briquet rouge, ses écouteurs encore branchés à son téléphone qui affichait en pause “China Girl” d’un certain D.Bowie, sur ses poignets quelques bijoux et sur son visage ses lunettes, qui d’après Elle le rendaient encore plus beau, mais qui appartenaient maintenant aux algues entrelacées autour des verres. Personne ne savait pourquoi, pourquoi il avait choisi d’en finir là, c’était un jeune gosse qui avait de quoi être jalousé. Le groupe d’amis fusionnel, la copine irrésistible et bien évidemment la croyance en D. qui se devinait à la chaine en argent portée autour de son cou. Que s’était-il passé dans sa tête ce soir la ? Voilà la question que les gens qu’il laissait derrière lui se posaient. Ses amis les plus proches le qualifiaient même de salopard en laissant paraître un sourire désespéré et quelques larmes trainantes sur leurs joues.

 

Trois années qui se résumaient en une seule clope, chaque taffe avait un souvenir attribué, l’idée est intéressante mais aussi très conne. Voilà ce qu’il s'était passé ce soir là, chaque respiration de cette horrible et pourtant si délicieuse tige de tabac qu’il prenait, lui rappelait un souvenir.

 

Sa camel posée délicatement entre ses lèvres encore toutes chaudes, le bruit de la mollette qui frotte, le “clip" de cet embout dont il ignore le nom et en un seul coup de pouce, son histoire commence, son premier souvenir apparaît et la fin se dessine. Inspiration longue et profonde, souvenir lointain et fort. Il repensait à ses amis, il y avait parmi eux ce type délaissé, abandonné, oublié de l’amour et qui malgré lui ne demandait qu’a en savourer les bons moments. “Injustice !”, s'écriait il. Pourquoi son ami qui avait tant adoré, admiré, aimé cette fille pendant de si longs moments sans montrer une lueur d’ennui, n’avait-il pas le droit de gouter à ce dessert parfaitement sucré qu’est l'amour? Alors que notre personnage assis sur ce banc contemplant la mer toute houleuse ce soir là, avait connue l’amour en à peine dix minutes. Injustice !

 

Il vient de sortir le nuage de fumée par sa bouche et souffle. Douces créatures onduleuses, comparable à de la fumée ou à la houle, qui dansaient en face de lui, cette nouvelle inhalation leur était dédiée. Il avait côtoyé ces êtres et avait eût avec elles des rapports assez proéminents dès son plus jeune âge. Aucune attache s’était-il promit, les sentiments ne devaient pas avoir lieu d’être. Il ne voyait en elles qu’une source de plaisir éphémère et se permettait de s’en débarrasser dès la première apparence de lassitude. Plus il grandissait plus son score augmentait, véritable jeu qui ne se finissait jamais. Mensonge !

 

Il venait de perdre la partie... mais qu’elle aille se faire foutre cette partie ! Il décrochait enfin, Elle l’avait changé mais ça, Elle ne l’avait même pas remarqué, lâché comme une merde il l’était, lorsqu’Elle éprouvait le besoin de tout abandonner. Elle s’en était excusée par la suite, lui en avait été ravi et l’avait embrassé sur le champ. Au final peut être s’était il fait rattraper par le jeu où lui devenait un personnage et Elle la joueuse ? Mensonge ! C’était bel et bien de l’amour passion, qu’il disait. Il expire. Claquement du pouce vers le bas, cendres dégringolantes, reprise. La fumée se propage à nouveau dans son corps tout mince et il embarque. -C’était super, merci.

 

-Abrutis ouvre les yeux, ce n’est pas fini. Non ! Ne t'en vas pas, reste ! Non, ne touche pas à ces créatures que tu ne connais pas ! Non, ne le refait pas ! Allez t’as gagné, éclate toi, de toute façon Elle ne pense plus à toi. Abrutis ! Cours, fonce ! Ça y est c’est trop tard, Elle te l’a fait, Elle t’as porté le coup de grâce. Non ! Relève toi pauvre minable !

 

Ah, voix intérieur qui lui parle, heureusement que tu étais là toi, tu l’as libéré, tu l’as guidé.

“Je t’aime”, Elle t'a sourit, la libido s’est faite ressentir.

 

Tu regardes ta cigarette que tu tiens entre tes doigts et te rend compte comme à chaque fois que tu as déjà dépassé la moitié. Tu te dis qu’après tout, c’est fait pour être consommé, et la remet immédiatement en position. La braise rougit, tu l’as regarde, tu continues, ça y est tu sens dans ta gorge ce grattement agréable tant recherché.

 

Tu n’arrives plus à enlever son visage et son corps d’une rondeur parfaitement dessinée de ta tête, ses lèvres pulpeuses quand elle parle, ses yeux bleus verts ou gris dans lesquelles tu plongeais, ses joues sphériques veloutées, et si on descendait le regard, on y trouvait ses demi-lunes incroyablement bien formées. Habibi !

 

Mais d’un coup tu repenses aux engueulades, aux conneries, et aux échecs. Tu as décidé d’en finir avec ce doux moment en recrachant brutalement cette fumée devenu une réelle flèche dans l’air.

 

Apres un temps d’arrêt qui t’as permis de retrouver un état à peu près normal, tu décides qu’il est temps d’affronter des moments un peu plus douloureux.

 

Tu prépares ta bouche en y passant un rapide coup de langue et te voila encore entrain de respirer cet objet de torture.

La plupart des hommes sont attirés par les femmes, toi tu y étais presque devenu dépendant. Sous tes attitudes d’homme sage et raisonnable, tu étais en faite un réel fauve qui choisit, observe et analyse sa futur proie. Quand tu étais avec Elle tu redevenais homme, mais les tentations persistaient. Ta proie en face de toi, tu ne pouvais rien faire, enfin, tu ne pouvais pas y toucher mais jouer avec et en profiter ça tu avais le droit et tu ne t’en était pas privé. Après tout pourquoi ne pas y toucher, ce ne sont que des simples envies naturelles, et Elle tu l’aimes, cela n’a donc rien à voir. Tu avais envie d’essayer, les occasions ne manquaient pas mais tu t’es retenu. Te voila maintenant frustré, énervé de ne pas pouvoir le faire, tu veux mais tu n’y arrives pas. Tu es enfermé dans une phase d’observation perpétuelle de tes proies, devenues maintenant inaccessibles. Esclave ! Le couple te rends esclave, tu n’es plus libre de combler tes envies, et tu acceptes ce statut ? Tu regardes autour toi, Il n’y a personne mais pourtant, tu entends un bruit de musique lointain.

 

Tu t’empares à nouveau de cette cigarette pour en extraire son trésor que tu sens s’enfoncer en toi.

Te voila maintenant au plein milieux d’une foule d’animaux faisant face à un magicien. Ils étaient tous déchainés, surement à cause de cette musique planante et entrainante commandée par le grand magicien et qui se propageait partout dans cette grotte. Vous étiez entre fauves, l’ambiance te correspondait et te voila à ton tours déchainé dans cette grotte. Mais tu repensais encore à Elle. Cet environnement commence petit à petit à te faire oublier ce sourire à tel point que tu t’empares d’une silhouette féminine pour assouvir avec elle tes désirs. Sauvage ! Tu t’échappes de cet endroit qui avait presque prit possession de toi.

 

Tu vides la fumée chaude retenu en toi et respire un grand coup de cet air si doux et frais, le bruit de musique assourdissante avait disparu, étrange.

Tu analyses ta clope, il ne te reste plus que deux mouvements vers ta bouche pour arriver à sa fin.

 

Soudain, ses lèvres pulpeuses vinrent se poser délicatement sur tes joues, accompagnées d’une odeur enchantante et de son doux rire hypnotisant. Oui, c’était Elle.

 

Ce soir là, tu n’avais pas l’air ravi de la voir mais comment aurais- tu pu résister à cette personnalité que tu aimais tant ? Tu l’embrassa tendrement comme tu avais l’habitude de faire. Ce baiser, pourtant si banal, était en réalité incroyablement sensuel pour toi. Elle t’attirait, ne pas le remarquer serait être aveugle. Mais une envie en toi voulait qu’Elle parte. Tu lui demanda brusquement de te quitter, Elle ne comprit pas ta réaction et de son dur caractère décida de rester. Tu devins agressif dans tes mots, et n’aimant pas s’engueuler avec toi, Elle parti contre son gré et, ce faisant, te demanda pourquoi. Tu n’as pas répondu sur le moment.

Tu restas assis sur ce banc maintenant imprégné de ta chaleur corporelle, le temps de la voir disparaître dans l’horizon...

“Je t’aime, voilà pourquoi et toi tu m’aimes mais tu n’es pas amoureuse de moi ?” Il ne comprenait pas cette phrase mais venait de réaliser qu’il ne la méritait pas. Il était le résultat d’une injustice, de mensonges, il était un fauve et il ne supportait pas être esclave.

 

Il prit une dernière taffe avant de la balancer, ferma le dernier bouton de sa chemise et plongea dans la mer, devenue l’eau des merveilles.

 

 

 

 

 

 

 

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