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Snapchat ou fantôme de la réalité

La communication. L’homme se détermine entre autres, par sa communication avec ses semblables. C’est un moyen de s’exprimer, de se faire comprendre, de se définir, de s’émanciper. C’est un besoin et une part de la nature de l’Homme lui permettant de s’organiser en société. Cette nature, et la façon de communiquer évoluent ensemble, s’influencent et marquent donc les différentes époques de notre espèce.

 

Ici je propose que l’on s’intéresse justement à l’époque dans laquelle nous vivons, celle dans laquelle nous évoluons en tant que jeunes adultes ou encore adolescents, celle dans laquelle nous nous exprimons et communiquons.

Comment parvenons-nous aujourd’hui à interagir avec les autres ?

Outre l’utilisation de nos organes vocaux ou nos mains, nous utilisons presque tous les réseaux sociaux, seconde voix de nos pensées. Sur les réseaux sociaux on discute avec nos ami(e)s, on post des photos de soirées, de notre vie, on partage ce que l’on pense, ce que l’on lit, ce que l’on regarde, ce que l’on veut que les autres voient. Les réseaux sociaux sont donc aussi un moyen de transmission de messages à travers tout ce que l’on peut publier. Compte tenu de tout cela, Facebook, Twitter, Snapchat ou encore Instagram sont utilisés par les jeunes, les vieux, les Hommes lambda, les célébrités, et actuellement plus que jamais, les médias (organismes de diffusion d’informations, de divertissement ou autres). Les célébrités et les médias sont ceux que nous, personnes quelconques, suivons le plus sur ces réseaux. Enfants on pouvait grandir face à la tv, admirant nos idoles et les fameux « people », tandis que, désormais, c’est par le biais des réseaux sociaux que cela s’effectue. Certains sont drogués à ces derniers, certains s’en rendent compte, certains non. Drogués aux informations pouvant être fausses ou inexactes, drogués à la médiatisation du moindre événement anodin, drogués au moindre scoop, drogués aux vies des autres, à la communication virtuelle, à l’image que l’on renvoi, drogués et de ce fait amené à s’exprimer et à se comporter différemment au quotidien.

Nous assistons inévitablement à un changement complexe de la société. Complexe parce qu’il peut se voir comme un danger dans ses extrêmes, mais également comme un progrès dans la facilitation de la communication et de son accès, cependant, actuellement s'enchaînent des évènements qui doivent nous interpeller sur l’arme et la puissance alarmante que deviennent les réseaux sociaux. Les fameuses fake news, les accaparations de données personnelles, la censure. L’objet de ce texte n’est pas de répéter pour une énième fois les dangers d’internet comme peuvent le faire les parents, les professeurs ou les hommes politiques frustrés. Ici c’est la prise en compte de ce qui nous arrive, de ce que nous devenons en tant que jeunes. Je ne ferais pas de morale de ce que je n’ai pas vécu, bien au contraire.

Ici c’est de l’icône jaune dont on parle, ici c’est de Snapchat dont il est question et plus particulièrement de son fonctionnement. L’application nous transformerait-elle, comme son logo, en fantôme de la réalité ?

Snapchat c’est 166 millions d’actifs depuis ce mois de février.  A la vue de ce nombre, inutile de vous rappeler ce qu’est Snapchat, je vous en épargne. De plus en plus, Snapchat a développé des fenêtres d’information ou plus récemment de pubs. On a donc une de ses interfaces parsemée d’articles de news, publiées par des médias tel que le journal « Le Monde », MTV (médias de tv américain), Konbini (media sur internet), mais aussi Gala, Paris Match, et autres médias people. On peut alors croire à une sélection de médias plutôt variée capable de nous informer partiellement sur les évènements dans le monde. Mais là se trouve l’erreur, là se trouve le problème à remarquer. Les informations que décident de publier les médias sont choisies et ciblées pour une population jeune et pas forcément branchée sur France Culture toutes ses après-midis. On voudrait donc des informations globales, générales, pourquoi pas. Mais quand on regarde plus profondément le contenu diffusé on se rend compte que la majorité de celui-ci est composée de tutos portant sur comment faire son maquillage #trendy, comment savoir si ton crush te « kiff », ou pire pourquoi Kim Kardashian est en froid avec Taylor Swift. Je me limiterai à ces exemples mais, oui, j’ai vu bien pire comme sujet, oui j’ai souvent été choqué par le contenu si peu axé sur la réalité.

J’ai évoqué plus haut qu’il y a quelques médias d’information reconnus comme « Le Monde » qui parviennent entre les rumeurs d’Hollywood à poster du contenu. Non, je ne dis pas « article » parce qu’il ne s’agit pas d’articles mais plutôt de cours textes informatifs accompagnés d’images que l’on passe en revue en tapant avec son doigt. On passe donc parfois de la guerre en Syrie au nouveau coup de gueule de Kanye West. C’est en effet la façon de présenter les informations, déjà si courtes, qui est aussi à relever. Les actualités sont abordées rapidement et souvent sont accompagnées de photos qui les amènent plus à faire un buzz qu’à s’y intéresser plus intensément.

Nous sommes donc en voie de banaliser toute information grave, préoccupante nous menant normalement à une réflexion intellectuelle courte ou longue.

On nous envoi dans la tête de tout et de rien, sans rentrer dans les détails, et ce manque de précisions nous entraine encore plus dans l’incertitude, les rumeurs les fausses informations.

On nous abrutie en nous faisant penser que connaitre son horoscope sexuel ou quelle star nous ressemble le plus, nous intéresse plus que tout.

On nous manipule en augmentant le nombre de pubs, en choisissant ou ciblant le contenu publié.

On augmente les préjugés et le sexisme chez les jeunes en postant des tutos pour être bien maquillée, bien féminine, agréable à regarder pour son petit copain, ou pour avoir le perfect « summer body ».

 

Le pire est que, même si on désapprouve tous ces posts, ils sont devenus tellement présents, et nous sommes tellement souvent sur Snapchat que nous en venons à banaliser et oublier cela.

Snapchat nous mène dans un conformisme, une jeunesse déconnectée de la réalité, une jeunesse remplie de clichés, une jeunesse menée à rejeter ceux ou celles qui ne viendraient pas à être sur le réseau, ou suivre les conseils beauté publiés ou même à détenir ou se servir d’un smartphone.  C’est une industrie.

 

Venons-en au choc qui m’a poussé à écrire tout cela. 1,2 millions d’utilisateurs ont jusqu’à présent signé la pétition contre la nouvelle version de Snapchat. Des stars ont appelé au boycott faisant chuter l’action en bourse de la firme. Quel changement dans la nouvelle application Snapchat ? L’interface a été revue, vous l’avez tous remarqué, la façon de voir les publications journalières de nos ami(e)s a été modifiée ainsi que la façon d’envoyer des messages. Cela déplait et bouscule en effet. Le changement fait toujours parler de lui en bien ou mal. Alors pourquoi ce nombre de réactions est choquant ? Tout d’abord de par son nombre. 1,2 millions de personnes y compris la colline d’Hollywood se révoltent contre la mise à jour d’un réseau social.

Cela est grave parce qu’il ne s’agit pas de se révolter pour dire stop à l’emprise des réseaux sociaux, non. Il s’agit de se révolter pour dire : « Ne bousculez pas nos habitudes de vie ! ».

Malheureusement, il y aura moins de réactions et de révoltes quand la Turquie interdit certains livres d’histoire, que la Pologne interdit toute personne de blâmer la nation pour son implication dans la Shoah, qu’un génocide est en cours au Centrafrique ou que les producteurs de bananes en Martinique sont contaminés inconsciemment sur plusieurs générations, par les pesticides utilisés et autorisés par l’État.

Ce qui est aussi choquant c’est bel et bien une des interfaces modifiées sur Snapchat. Facile à deviner c’est celle dédiée aux informations. Elle prend à présent une place plus importante, partageant toujours le même contenu.

C’est donc bien la marque de la voie sur laquelle on veut nous faire évoluer, une place plus importante aux informations inutiles.

Quelle est la solution ? Elle n’est pas forcément de quitter violemment Snapchat ou de s’établir dans une grotte.

Elle est d’évoluer en prenant conscience de ce qui peut et ne doit pas nous influencer. Il faut aller avec son temps c’est inévitable. Décidons de ne se documenter non pas exclusivement avec Snapchat, varions nos sources d’informations, soyons capable de discerner le vrai du faux, l’utile de l’inutile, le sexisme de l'Égalité, et surtout mobilisons-nous plus pour réduire le nombre de viols, de réfugiés, de SDF, de guerres et d’intox, plutôt que de crier au crime contre notre train de vie quand une mise à jour s’effectue.

 

Snapchat ou fantôme de la réalité

 

 

 

 

 

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